Editos

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La maison du Dr Edwardes (Spellbound) d'Alfred Hitchcock (1945)
La maison du Dr Edwardes (Spellbound) d'Alfred Hitchcock (1945)

Une revue de psychanalyse en ligne?

Publié le 12/05/14

Aujourd'hui objet de tous les fantasmes, de tous les malentendus, mais aussi objet de soins et porteuse de changement, la psychanalyse se doit de trouver des espaces publics d'expression pertinents et prendre ainsi toute sa place dans le dialogue social. Il est temps que ces espaces soient en premier lieu animés par ceux qui pratiquent la psychanalyse aujourd'hui. Dès le début, le développement de la psychanalyse s’est accompagné de la publication de Revues. Pour revendiquer sa place dans la modernité, nous avons décidé à notre tour, de créer une revue mais exclusivement en ligne, adaptée à un style de pensée bousculé par l’actualité et les échanges interdisciplinaires. Nous souhaitons donner la parole à nos confrères, mais aussi à des artistes, soignants, et à tous ceux dont le champ d'action ou de pensée s'étend plus largement dans une articulation où la psychanalyse peut proposer un autre regard, une autre lecture. La revue en ligne, Les enfants de la psychanalyse est ainsi née à l'automne 2013, et nous sommes heureux de vous présenter sa première version, son origine et son essence!

 

Qui sommes-nous?

 

    Au départ, nous sommes 3 psychanalystes d'origines différentes, tous trois animés par l'envie de parler aux autres de notre métier comme nous le pratiquons : sincèrement, passionnément, simplement, humainement et d’aller à la rencontre de ceux qui ont le désir de partager leurs recherches, leur savoir-faire et leur vision de la psychanalyse de manière à la fois rigoureuse et accessible.  Si nous nous croisons depuis plusieurs années depuis les bancs de la faculté, ou au gré de séminaires, de colloques, de psychodrames, de supervisions ou encore dans les couloirs d’institutions spécialisées, ce n’est que récemment, lors du Congrès de Psychanalyse de Langue Française à Bilbao en mai 2012 que nous avons pris pleinement conscience d’un manque et de notre désir commun, de notre vocation à communiquer sur la place publique le rôle particulier de la psychanalyse et les réflexions de nos pairs sur des sujets de société, notre approche, nos doutes, notre méthode, nos convictions. Et aussi, de la rencontre avec de jeunes psychanalystes d’autres pays est née notre envie d’échanger, de comprendre, de communiquer, de confronter, en un mot de sortir du saint des saints pour aller battre le pavé dans l’agora mondialisé de la connaissance et des idées !

 

Nous sommes des enfants de la psychanalyse, au sens où nous sommes fondamentalement inscrits et engagés depuis des années dans des cursus « classiques » de formation au sein de l’Association Internationale de Psychanalyse, et sommes tous trois très attachés à cette filiation et à cet héritage qui demeurent une incomparable source de connaissance et de remise en question permanente de notre pensée et de notre pratique.

En tant que psychanalystes de la « nouvelle génération », nous sommes convaincus qu’il est non seulement possible, mais souhaitable, sinon nécessaire de promouvoir la pensée psychanalytique. Et qu’au-delà de la pratique, la pensée analytique mérite d’être davantage montrée, lue, explicitée pour s’extirper du confinement et des stéréotypes et profiter ainsi pleinement de ce que la culture des écrans offre de possibilités d’ouverture. 

Nous revendiquons notre filiation, mais dans notre actualité, animés par  un mouvement de révolte contre l’affadissement de la vision de la psychanalyse, et contre l’enfermement de celle-ci dans des tours fortifiées, trop assurées d’elles-mêmes, hors du mouvement du monde. 

 

Nous souhaitons ainsi relever le défi de privilégier une liberté de pensée qui prend le  risque d’être politiquement incorrecte tout en restant psychanalytiquement correcte ! Créativité, intransigeance, transcendance sont les mots d'ordre de cette revue.

Internet n’est pas seulement le temple de l’immédiateté, du fugace et du superficiel : c’est aussi un lieu de connaissance, d’interdisciplinarité, d’interculturalité, et un espace de jeu, propice à l’invention et à la découverte. 

 

A ce titre, Internet et la psychanalyse ne sont pas deux mondes condamnés à s’ignorer mais ont, en revanche, beaucoup à partager. Il nous appartient de nous approprier cet outil, de profiter de cette médiation formidable, d'inviter au dialogue et à la réflexion tous ceux que la psychanalyse intéresse, interroge, irrite ou bouscule. 

La psychanalyse se nourrit de toutes les pensées, de toutes les actualités, de toutes les cultures et de tous les arts. Mais qui sait de quelle manière nos débats s’enrichissent de toutes ces pensées et combien notre réflexion peut à son tour enrichir les débats ? Qui est invité à notre table, en dehors de nous-mêmes ?

Dans une discipline où le secret et la protection de l'intime est une éthique, nous nous engageons à ne parler de clinique que dans les limites du respect et de la confidentialité de nos patients, mais sans nous réduire au silence sur les débats qui nous animent, les questions sur lesquelles les psychanalystes sont interrogés dans les médias, les sujets qui nous occupent, les nouvelles recherches et bien sûr la culture contemporaine. Nous voulons  nous faire l'écho du travail de pensée toujours nécessaire dans un monde où paradoxalement, l'agir peut devenir le nouveau mode de pensée. Nous voulons montrer la richesse et la diversité de ce travail qui lutte et résiste contre l'uniformité et la normativité.

 

    Les enfants de la psychanalyse s’adresse donc à nos collègues psychanalystes, psychologues, médecins  mais aussi à un public plus large, au-delà des frontières de nos professions et de nos chapelles. 

Nous espérons que vous aimerez parcourir Les enfants de la psychanalyse et que cette revue ouvrira tout un champ de possibles et une nouvelle manière de parler de psychanalyse, dans une inspiration communicative.... L’invitation est lancée, bienvenue!

 

L'équipe des Enfants de la psychanalyse, Alexia Blime Cousi, Amélie de Cazanove et Daniel Irago.





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