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Le "Moi inconscient"- CPLF du 5 au 8 Mai 2016 à Bruxelles

Publié le 14/02/16

Le 76è Congrès des Psychanalystes de Langue Française (C.P.L.F.) aura lieu du 5 au 8 mai 2016 au Square Centre de Congrès de Bruxelles, autour du thème  le "Moi Inconscient". Avec les rapports de
Dominique CUPA (SPP) « Quelque chose de l’inconscient » et de Michèle VAN LYSEBETH-LEDENT (SBP). Le travail onirique du Moi inconscient.
Réservations et renseignements: Congrès des Psychanalystes de Langue Française -  187 rue Saint-Jacques 75005 PARIS 01 43 29 66 70  - du lundi au jeudi de 9 h 30 à 13 h 00 -  E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  -  Site Internet : www.spp.asso.fr

Message des secrétaires scientifiques du CPLF Bernard Chervet et Marília Aisenstein:
« Le cavalier et le cheval ».

Note sur le choix des thèmes.
En Mai 2016, Bruxelles accueillera le 76ème Congrès des psychanalystes de langue française. C’est en collaboration avec la société belge de psychanalyse (SBP ; SVB en langue néerlandaise) que la société psychanalytique de Paris (SPP) a préparé ce congrès.
Le thème retenu est Le moi inconscient, expression qui apparait sous la plume de Freud en 1923 dans Le moi et le ça.
Les rapports auront été rédigés par Dominique Cupa (SPP) et par Michèle Van Lysbeth (SBP) qui a proposé ce thème.
La nouvelle équipe du CPLF, ses secrétaires scientifiques et son Conseil, ont finalisé un travail qui avait été largement préparé de longue date par l’équipe précédente sous la direction experte de Georges Pragier, rompu depuis 18 ans aux arcanes du CPLF.  La destination et le thème furent donc décidés il y a plus de trois ou quatre ans, par les secrétaires scientifiques de l’époque avec leurs comités et le bureau international qui réunit les 19 sociétés composantes du CPLF : sociétés psychanalytiques de Belgique, Brésiliennes de Porto Alegre (SPPA), Rio de Janeiro (Rio 2) et São Paulo (SBPSP), Canadienne, Espagnole, Hellénique, Israélienne, Italienne, de Paris, Portugaise, Roumaine, Suisse et SPRF ; les Associations Psychanalytiques de France, d’Istanbul, d’Italie, de Madrid et l’Association Psychanalytique Argentine (APA), société associée au CPLF.

Le thème
A notre connaissance, c’est la première fois que ce thème est expressément choisi comme titre d’un congrès.
L’expression « le moi inconscient » s’inscrit dans un contexte théorique précis, au sein d’une constellation de notions et de concepts métapsychologiques tous étroitement liés à Au-delà du principe de plaisir (1920).
Le moi inconscient apparait dans le faisceau de l’élaboration de la compulsion de répétition, donc en lien étroit avec la clinique de la réaction thérapeutique négative, des névroses de destinée, de la culpabilité inconsciente et des achoppements du masochisme ; voire celle de la compulsion de réduction et des tableaux de dégradation. Les affects qui dominent cette constellation relève du désarroi, du vacillement, de la dépersonnalisation et de la démonologie, qu’ils soient consciemment éprouvés, ou seulement ressentis par ceux qui assistent à l’imperturbable cheminement de tels destins néfastes.
Certes Freud avait reconnu depuis longtemps, en rupture avec la philosophie de son époque, que le moi n’était pas le maître en sa demeure, affirmant même que cette assertion constitue la 3° vexation narcissique infligée à l’humanité, après le décentrement de la terre au sein de l’univers (Copernic), puis le ravalement de l’homme au rang du règne animal (Darwin).

Pour Freud l’inconscience du moi, ne fait aucun doute, et cela dès le début de son œuvre, tant pour ses fonctions que par les identifications qui le fondent. Durant des années, il ne cessera d’étudier et de complexifier cette inconscience et ses avatars. Mais, avec la notion de moi inconscient, il fait un pas de plus, en envisageant qu’une partie du moi n’est pas seulement aliénée à une histoire identificatoire imposée, mais qu’elle travaille au service des forces négativantes propres au ça, donc de façon néfaste au regard des buts du travail psychique, le devenir conscient et l’objectalité, et cela en toute ignorance. Il aborde alors, pour la première fois, la plus grande ruse inconsciente du sujet envers lui-même et les autres, ruse s’avérant à son insu des plus nuisibles. C’est alors que, dans un grand embarras, il déroute la communauté analytique en introduisant la notion de rêves mensongers (1921), puis celle de moi inconscient (1923).

Une célèbre métaphore illustre parfaitement cette situation nouvelle, celle du cavalier et du cheval. Le cavalier-moi inconscient croit diriger le cheval-ça et le guider là où il souhaite le mener, alors qu’en fait il n’est pas seulement soumis à ce dernier, mais il mène ce dernier en toute méconnaissance, voire même en pleine complicité inconsciente, là où celui-ci veut aller, tout en croyant et affirmant que c’est lui qui dirige !
Dans ce contexte Freud révise sa première conception de la topique psychique selon laquelle chaque région ou instance serait bien différenciée les unes des autres. Sa nouvelle distribution spatiale imbrique les instances et introduit l’idée d’une extra-territorialité au sein de chacune d’elles, en lesquelles il reconnaît des forces négativantes. Il conçoit dès lors un moi occupé lui aussi par de telles tendances, menacé de toute part de déformation, de limitation, de fragmentation voire de réduction. Cette nouvelle appréhension se figurera en 1938 par l’image d’un moi frappé d’une déchirure qui ne guérira plus jamais et ne cessera de grandir. Le moi inconscient de 1923 annonce le clivage du moi de 1938, et bat en brèche toute idée de cohérence et de synthèse.
Un autre aspect est abordé en même temps par Freud, c’est l’ingéniosité de la psyché pour produire et construire des formations étranges, des bizarreries, des idéologies et des néo-réalités (1924) afin de répondre à ces menaces. Une capacité élaboratrice apparait impliquée dans de telles constructions. Les deux rapporteurs vont octroyer au moi inconscient cette capacité, qu’ils vont explorer et privilégier en prenant en compte les apports d’autres auteurs plus récents, sur la créativité et la générativité du psychisme.

Le choix du thème
Ces quelques mots sur le thème nous invitent à une réflexion sur la pluri-détermination du choix des thèmes du CPLF.  Une étude longitudinale de ceux-ci n’a jamais été entreprise, probablement parce qu’elle est impossible au regard du nombre de paramètres impliqués, individuels et groupaux.
L’une de ces déterminations est propre à la théorie psychanalytique qui évolue selon un ordre chronologique déterminée, avec des oscillations entre des thèmes portant sur le fonctionnement psychique pris dans sa globalité, et d’autres qui se centrent sur des particularités ciblées et focalisées, et s’ouvrent en même temps sur leurs effets sur l’ensemble du fonctionnement, avec l’avènement de logiques spécifiques, telles celles de la paradoxalité, des distorsions, de l’opératoire, mais aussi des déchirures et des clivages.

L’extra-territorialité
Pour le CPLF 2016, nous avons souligné que la notion d’extraterritorialité au sein du moi se trouve rehaussée, notion qu’il convient de bien différencier des extériorités intériorisées (identifications) et des intériorités externalisées (projection).  Toute la réflexion sur la spatialité s’en trouve modifiée puisque cette extra-territorialité tend à se transposer et s’incarner sur diverses réalités externes au point de créer une appréhension de l’espace à son image. La notion de moi inconscient introduit un « intra » vecteur d’effets de négativation ! Les vécus d’inquiétante étrangeté sont convoqués, ainsi que ceux de démonologie, de maléfice et de déchéance.
Un autre paramètre déterminant dans le choix du thème est issu de l’histoire de nos sociétés de psychanalyse respectives, marquée elle-même par l’histoire de chacun des pays dans lequel elles s’inscrivent.
A l’époque de l’universalisation de la langue anglaise, vouloir soutenir un congrès de langue francophone nous oblige à penser nos rapports avec la psychanalyse anglophone, et à l’autre extrémité avec les particularités des diverses langues en usage dans chacune des sociétés constituantes du CPLF. La psychanalyse n’échappe évidemment pas à cet effet de révélation de sens nouveaux liés aux multiples traductions et aux conflits des langages. Parler de babélisation risque de ne prendre en compte que la dimension phénoménologique. Les traductions trahissent et révèlent dans le même temps de nouveaux sens. Tel est l’immense chance et richesse du CPLF, de se trouver de plus en plus confronter à cet universalisme auquel il se doit de ne pas céder, et aux particularismes qui réaniment sans cesse la métapsychologie freudienne, cette langue imprononçable que toutes les autres tentent de traduire et de s’approprier.

Nouveautés
C’est dans ce contexte de réflexion que la nouvelle équipe chargée du CPLF, réunie en un Conseil unique, ayant en charge tant les aspects scientifiques que ceux organisationnels, a souhaité mettre en valeur les rapports et le travail des rapporteurs.
Lors du prochain CPLF, chaque rapport sera suivi d’une série d’ateliers strictement consacrés aux rapports publiés dans ce bulletin, à la clinique qu’ils présentent et aux propositions théoriques qu’ils offrent à la discussion.
Une seconde nouveauté sera mise à l’essai. Chaque atelier sera dirigé par trois collègues, dont un des trois sera choisi par le Conseil parmi les auteurs des Préalables.
Enfin, nous avons souhaité qu’une personne extérieure à la psychanalyse en tant que professionnel, puisse nous parler d’une notion centrale dans le thème retenu, d’un tout autre point de vue que le notre. Pour 2016, le Conseil a souhaité qu’une telle rencontre se fasse autour de la notion de spatialité.
Bernard Chervet et Marília Aisenstein, secrétaires scientifiques du CPLF .

Programme:

Rapports:
Dominique CUPA (SPP)
« Quelque chose de l’inconscient »
Discutant : Jacques Delaunoy (SBP, Liège)

Michèle VAN LYSEBETH-LEDENT (SBP)
Le travail onirique du Moi inconscient
Discutant : Georges Pragier (SPP, Paris)

Tables rondes:
Le « moi inconscient » : Perspectives freudienne, bionnienne et winnicottienne
Louis Brunet (SCP, Montréal), Claude Smadja (SPP, Paris), Diana Messina-Pizzuti (SBP, Bruxelles),
Giuseppe Squitieri (SPI, Rome).

L’inconscient du moi et le « moi inconscient »
Antonino Ferro (SPI, Pavie), Christian Delourmel (SPP, Chavagne), Nicole Minazio (SBP, Bruxelles),
Conceiçao Tavares de Almeida (SP Portugal, Lisbonne)

Les incidents de séance
Jacques André (APF, Paris), Françoise Coblence (SPP, Paris),
Jacqueline Godfrind-Haber (SBP, Bruxelles), Nathalie Zilkha (SSPsa, Genève)

L’étrange et le maléfique
Maggiorino Genta (SSPsa, Vevey), Gilbert Diatkine (SPP, Paris), Patrick Merot (APF, Paris),
Arlette Lecoq (SBP, Liège)

L’érogénéité, les racines corporelles du moi
Rui Aragão de Oliveira (SPP, Lisbonne), Paul Denis (SPP, Paris), Martin Gauthier (SCP, Montréal),
Françoise Labbé (SBP, Bruxelles)

Les identifications aliénantes et l’utilisation de l’objet
Yael Samuel (SPI, Raanana), Ellen Sparer (SPP, Paris), Denis Hirsch (SBP, Bruxelles),
Anastasia Hadjyanni (SPH, Athènes)

L’espace, poétique et perspectives
Invité : Paul Andreu, architecte
Claudio Laks Eizirik (SPPA, Porto Alegre), Marilia Aisenstein (SPP, Paris/Athènes),
Bernard Chervet (SPP, Paris/Lyon)

Ateliers:
Quatre ateliers cliniques (réservés aux Analystes en Formation) animés par :Robert Asséo (SPP, Paris), Alain Gibeault (SPP, Paris), Patrick Miller (SPRF, Paris), Renata Sgier (SSPsa, Berne)

Ateliers du jeudi 5 mai avec A. Alexandridis, C. Baruch, N. Bujor, R.Havas, A-C. Campos, J. Canestri, M-P. Chaumont, M. Cid-Sanz, N. De Coulon, M-P. Durieux, E. Ego, M. Engel, S. Frisch, J. Glas, A. Gurdal-Kuey, B. Habip, E. Jonchères, M. Khoury,
Guy Lavallée, JP. Matot, J. Picard, G. Pirlot, J-Y. Tamet, E. Weil

Ateliers du vendredi 6 mai avec E. Abrevaya, M. Benhamou, MC. Camus-Delage, N. Carels, C. De Vriendt-Goldman, J-C. Elbez, A. Faure-Bismuth, L. Falcao,  C. Franckx, M. Hebbrecht, A. Horn, D. Irago, MF. Laval-Hygonenq, R. Levy, I. Maître-Lewy-Bertaut, L-C. Menezes, F. Munari, G. Noir, T. Parman, M. Picco, M. Pichon-Damesin, V. Sandor, M. Utrilla-Robles, P. Valon.Secrétaires scientifiques : Bernard Chervet – Marilia Aisenstein

Rappel, Réservations et renseignements: Congrès des Psychanalystes de Langue Française -  187 rue Saint-Jacques 75005 PARIS 01 43 29 66 70  - du lundi au jeudi de 9 h 30 à 13 h 00 - Email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. -   Site Internet : www.spp.asso.fr






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